Le terme desmodromique est issu des termes grecs « DESMOS » (lien) et «
DROMOS » (course, parcours) ; en mécanique il est utilisé pour citer les
mécanismes qui disposent d'une commande pour les activer dans un sens
et d'une autre appropriée pour les activer dans l'autre sens (dit
fermeture ou retour).
Par « desmodromique » on entend communément le système de commande des
soupapes typique de nos motos : actuellement il est utilisé sur toutes
les bicylindres produites et représente l'une des exclusivités
universelles Ducati ; les soupapes (d'échappement et d'admission) sont
pratiquement commandées aussi bien dans le mouvement d'ouverture que
dans celui de fermeture, normalement dévolu au retour d'un ressort.
Le concept de « desmodromique » n'est pas une découverte récente : en
mécanique il est connu depuis des siècles et dans le domaine
motocyclisme et automobile, il apparaît déjà au début du vingtième
siècle sous les formes les plus disparates. En effet, dans le passé le
manque de fiabilité chronique des ressorts (on sourit en pensant aux
manuels qui recommandaient de prévoir un stock de ressorts à ceux qui
voyageaient en moto .... Ressorts souvent disposés à l'extérieur du
moteur, en position accessible pour être facilement remplacés) avait
poussé les auteurs du projet vers ce système, donnant lieux à
différentes interprétations.
Aucune des solutions que nous verrons - à l'exception de Ducati naturellement - n'a réussi à atteindre une production de série car les usinages et les matériaux étaient complexes et les coûts prohibitifs.
1910
L'anglais Arnott invente le premier système desmodromique, qui exploite
un élément façonné spécial dans lequel se déplace la came, plus un
poussoir à bague avec ressort.
1920
La société française Bignan réalise une voiture sportive équipée d'un
moteur desmodromique : la commande de la soupape est confiée à un
système très particulier basé sur une « came circulaire oblique à disque
».
Elle gagna les 24 heures de Spa et établit plusieurs records sur la
piste de Brooklands en Angleterre mais les coûts de réalisation et le
besoin d'entretien constant empêchèrent sa mise en production.
1923
Voici la solution proposée par FIAT, qui utilise une « double came faciale et entretoise à galet ».
1954
Brillants résultats de Mercedes qui exploite le desmo en formule 1.
Le fabuleux 8 cylindres de la W196 avec laquelle Fangio remporta deux
titres mondiaux, utilise un système de commande soupape très évolué et
essentiel: une came (ouverture) agit directement sur un patin à l'extrêmité
supérieure de la queue (poussoir cylindrique) tandis qu'une autre
(fermeture) utilise un culbuteur désaxé qui est engagé dans un orifice de ce poussoir.
ANECDOTE
Enzo Ferrari, préoccupé par le pouvoir des flèches d'argent, pensait
beaucoup au desmo à cette époque... il en parla même avec Taglioni :
c'est peut-être à cette occasion que le desmo Ducati fut conçu !
1958
Le système Mercedes dérivait d'une idée de J.L.Norton, créateur de
l'usine homonyme qui propose finalement une moto de 500 cc avec
distribution desmodromique à quatre arbres à cames en tête : très
compliqué et encombrant, il fut abandonné.
1956
L'ingénieur Taglioni ouvre la voie desmodromique chez Ducati : la 125
Gran Premio monte pour la première fois (le début dans le GP de Suède
avec la victoire de Degli Antoni) une distribution desmodromique à trois
arbres à cames en tête déplacés par un arbre vertical et un couple
conique. À partir de là, l'histoire desmodromique devient une exclusivité Ducati.
1968
Pour voir le premier desmo dans la production de série, il faut attendre
1968 avec la Mark 3 Desmo 250 et 350. Cette moto est pratiquement
équipée de la même distribution que les bicylindres actuelles (deux
soupapes), ce qui prouve sa qualité. À l'époque, il était possible
d'obtenir la culasse desmo avec un supplément de 35 000 lires par
rapport au prix catalogue de la moto.
1972
Date fondamentale dans l'histoire du desmo : la première version du
système desmo est utilisée à l'occasion de la 200 milles d'Imola en
1972.
Deux ans plus tard, suite à l'euphorie de la splendide victoire de Paul
Smart dans cette compétition, la 750 SS Desmo entre en scène : la
première bicylindre de série, considérée par beaucoup de gens comme
étant la plus belle moto de tous les temps.
1987
Lucchinelli gagne la course de Daytona du BoTT en selle sur un prototype
851 cc refroidi par air avec distribution à quatre soupapes : l'ère
moderne commence pour le desmo avec une série interminable de succès
dans le mondial superbike.
1988
Le desmoquattro entre dans le Gotha de la motorisation mondiale : la 851
SBK est présentée ; c'est la première moto de série dotée d'un moteur
desmo à quatre soupapes par cylindre.
1994 L'ère du motocyclisme moderne s'ouvre avec l'apparition de la fantastique 916.
2000
La dernière évolution du bicylindre à quatre soupapes du second
millénaire équipe la 996R, modèle de pointe de la production en 2000, et
dont, entre autres nouveautés, la distribution est redessinée. Sa
puissance est de 136 CV (100 kW) à 10 200 tours et 101 Nm à 8 000 tours.